 Nous n'avons plus droit à la moindre erreur | La situation qui prévaut actuellement en Guinée interpelle à plus d'un titre la conscience et le sens du patriotisme de tous les fils du pays où qu'ils soient car nous n'avons plus droit à la moindre erreur. Après plus d'un demi siècle d'indépendance, la Guinée patauge, se cherche et tarde à trouver le chemin du développement pour le bonheur de tous ses fils. Cet état de fait résulte incontestablement des nombreuses turbulences politiques et sociales qui ont ponctué notre histoire commune. Il s'explique également par la déperdition de ses enfants qui se sont, à moult reprises, trompés de priorités. Le retard de la Guinée émane du comportement et de la responsabilité de chacun de nous à des degrés divers, il est donc impératif que nous nous ressaisissons quelque soit notre conviction et notre obédience afin de promouvoir la culture de la paix, du travail et de la justice qui sont, à mon humble avis, gages d'une prospérité durable. Nous sommes tous conscients que le changement pour impulser le développement est un mouvement d'ensemble, mais nous refusons d'admettre que nous devons tous être partie prenante dans ce mouvement. Nous sommes tous conscients que la Guinée regorge d'immenses ressources naturelles, mais nous faisons semblant d'ignorer que seul l'Homme peut mettre en valeur ces ressources afin de donner satisfaction à tous. Nous nous disons tous que la Guinée sortira vraisemblablement de l'ornière, mais personne ne veut aller au charbon pour que cela soit effectif. L'abnégation incombe à chacun de nous. Il est donc temps de sonner le glas de l'hypocrisie, de l'opportunisme et de la négation pour assumer pleinement notre héritage commun. Mais au-delà de tout, le plus important c'est le présent et le futur. Au regard du climat délétère qui couve depuis belle lurette en Guinée, je reste très préoccupé par le degré d'amateurisme auquel les uns et les autres font preuve dans toutes les sphères de notre pays alors que les autres avancent de manière irréversible vers le bonheur et le bien être de leurs citoyens. Dans la musique " développement de la Guinée " chacun doit jouer sa partition avec la plus grande efficacité car le moindre faux pas risque de nous coûter cher tant la fragilité des chantiers est patente. Cependant, ceci n'est possible qu'en présence de confiance mutuelle entre tous les acteurs du pays. Pour ce faire, il faudrait qu'un climat de dialogue franc et sincère sans calcul politicien soit instauré autrement les citoyens guinéens continueront de morfler encore très longtemps tout en se regardant en chiens de faïence. Je lance ainsi un appel à tous les acteurs (politiques, sociaux et économiques) à ranger leurs égos dans le tiroir en vue de discuter à bâtons rompus sur les questions vitales dans le strict respect des attributions des uns et des autres afin d'œuvrer pour le bonheur du Guinéen tout simplement car le devoir moral nous interpelle et tôt ou tard nous rendrons tous des comptes. À la jeunesse guinéenne qui représente plus de 60% de la population, il est grand temps pour elle de sortir de sa torpeur, de sa passivité afin de mettre un terme à son instrumentalisation politique. C'est la jeunesse qui incarne l'avenir de la nation. Organisons-nous, formons nos bataillons en vue de créer de manière inclusive un leadership afin de participer pleinement à tous les processus enclenchés dans notre pays. Soyons conscients de notre poids et surtout du rôle que nous pourrions jouer en mettant notre insouciance, notre créativité, notre expertise et nos compétences au service d'une Guinée unie et prospère car nous n'avons plus droit à la moindre erreur.
TOURE Mamoudou Docteur en sciences Économiques Chargé de recherche au Centre d'Économie de Paris Nord - C.E.P.N - (Paris 13)
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